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Le karate-do
est une philosophie,une attitude devant et un regard sur la vie et
le monde…
Gichin Funakoshi
Dōjō
La salle d'entraînement appelée dojo, se décompose en deux idéogrammes Dō et Jō,
le premier signifiant la voie, et le second représente l'endroit. Le
dojo est donc le lieu où l'on recherche la voie. Il est associé à un code
d'éthique appelé le Dojo kun qui définit les valeurs
nécessaires pour l'entraînement physique et philosophique au karaté. Il se
définit comme étant l'énumération des règles (Kaisetsu) en usage dans un Dojo
de karaté pour une attitude (Shisei) juste, tout au long de la progression. La conduite des pratiquants
de karaté Shotokan, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du dojo, est
géré par ces règles et aussi par 20 préceptes du karaté, le
Niju Kun, écrit par le Maître Fondateur Gichin Funakoshi.
Le
dojo, c'est l'endroit où l'enseignant
partage sa passion et ses connaissances avec ses élèves.
De nos jours, la dimension sportive du
karaté est parfois privilégiée; il faut marquer des points, gagner des championnats
et l'idée de dépassement de l'individu à tendance à être le plus souvent
remplacée par le besoin de dominer les autres au lieu d'essayer de se
développer intérieurement.
Au dojo, il faut laisser son "Moi" à la porte.
Funakoshi et le Dojo kun
Si vous faites une recherche avec Google sur le Dojo kun, vous obtiendrez
environ 206,000 résultats. Plusieurs sites écrivent que Funakoshi est
l'auteur de ces règles. L'histoire du Dojo Kun est cependant en grande partie inconnue. Funakoshi
pratiquait la calligraphie comme loisir, mais personne n'a retrouvé de
travail
calligraphique existant d'un Dojo kun créé par Funakoshi. En outre, il n'y a aucun
référence, livre ou texte du Dojo kun existant avant la deuxième guerre
mondiale. Les livres écrit par Funakoshi ne contiennent absolument aucune
mention d'un Dojo kun. Même son autobiographie, Karate- D ō, ma voie, ma vie,
ne la mentionne pas.
Sakugawa
"Shungo" Kanga (1733-1815), de son vrai
nom Teruya Kanga,originaire de Akato Cho (ville de Shuri, Okinawa),est crédité comme étant le
premier ayant créé un ensemble de principes qu'on doit suivre tout
en étudiant le karaté, et fut repris par la suite dans tous les styles.
Il est généralement considéré comme étant le premier maître "officiel" du
Karate, ayant sorti l'enseignement du Karate du secret en ouvrant une école.
Il est à l'origine du style Shuri-Te.
Matsumura Sokon
fut un de ses élèves les plus connus
Le texte des cinq préceptes que nous avons
aujourd'hui est probablement une composition de la JKA à l'époque de Nakayama et Okazaki.
Le Dojo kun a vraisemblablement été rédigé afin de convaincre
le Général Mac Arthur et les autorités
alliées, de permettre au Japonais de continuer la pratique du karaté en
dépit de l'interdiction de pratique des arts martiaux au Japon. Le site
actuel de
la JKA mentionne maintenant que le
Dojo kun a été composé par les
seniors de la JKA. Ce qui est certain cependant, c'est que Funakoshi a écrit dans son autobiographie
Karate-dō
Ichiro,
les cinq règles ainsi que
le Niju kun
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Le Dojo Kun de Sakugawa
Jinkaku No Tasse
Seijitsude Are
Kojoshin Wo Mote
Tanin Wo Uyamae
Mizukarano Chikara Wo Seigyoseyo
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La forme du
Dojo Kun peut
varier d'un style à un autre style, d'un dojo à un autre, mais en général
les sentiments et les idées de base concordent dans le plus grand respect. Sensei Higaonna (Goju-ryu) et Sensei Kanazawa (Shotokan) à Tokyo,utilisent
le même Dojo kun où les cinq préceptes sont identiques mais pas présentés
dans le même ordre; c'est aussi le Dojo kun utilisé par la Japan Karate
Association.
Une caractéristique de
l'entraînement dans un dojo de karaté au Japon, qui n'est pas souvent
rencontré en Occident, est la récitation du Dojo kun
à la fin de l'entraînement. C'est un
ensemble de principes enseignés aux enfants et aux débutants. Le Dojo kun n'est pas toujours récité à
chaque pratique de karaté,et quand il y a un cours d'adulte, il n'est pas lu à haute
voix.
Réciter le Dojo kun en
choeur au dojo a plusieurs objectifs; il aide chaque personne à intégrer les
idées et les concepts du karaté, il peut également aider à développer le
sentiment d'appartenance à un groupe qui a des objectifs communs. C'est
un retour au calme après une séance d'entraînement. Il apaise
et calme l'esprit et peut aider l'individu à réfléchir pourquoi il
vient s' etraîner plusieurs fois par semaine.
Normalement, le
Dojo Kun est
récité après une courte période de méditation (mokuso) à la fin du
cours.
Les étudiants sont alignés par ordre de grade avec le professeur faisant
face à l'avant où le Dojo kun est parfois accroché. Le plus haut gradé
dit "seiza";les élèves s'assoient sur les genoux avec leurs pieds sous
leur derrière avec un gros orteil sous l'autre gros orteil. Les genoux
devraient être placés de sorte que deux poings côte à côte puissent s'y
insérer. La procédure
normale est que l'élève le plus gradé récite une ligne et que le reste
de la classe la répète jusqu'à la fin de la séquence.
Après le cinquième précepte, le senior dit "mokuso" et tous ferment
leurs yeux pour méditer. Après ces efforts donnés à l'entraînement, la méditation sert de
transition pour nous ramener aux
réalités de la vie quotidienne .
Quand le moment de
méditation
est fini le senior dit "mokuso yame". Les étudiants et les professeurs
sont en position seiza vers l'avant. Shomen ni rei, on salue le
fondateur,le professeur se tourne pour faire face aux étudiants, le senior dit alors "Sensei ni rei",les élèves et le professeur se saluent.
Ensuite, le pratiquants se lèvent par ordre de grade en commençant par
les plus hauts gradés..
Ces cinq préceptes,
permettent au karaté d'être perçu comme quelque chose de plus qu'une méthode de
combat ou un sport de compétition moderne. Ignorer les concepts présents
dans le Dojo kun aura à la longue un effet négatif, à la fois sur le
pratiquant et sur l'évolution du karaté en général.
De nombreux sports de combat se veulent
efficaces, et le sont certainement en situations réelles ; elles en font même
parfois leur marque de commerce, la réputation de leur école. La finalité du
Shōtōkan est le
développement de l'individu. Si une victoire en compétition ou l'efficacité
en auto défense font la fierté d'un pratiquant, ce n'est pas uniquement dans
ce domaine là qu'il sera jugé dans un club de karaté qui respecte ces cinq
préceptes.
On y trouve cinq directives de base que l'on
peur résumer ainsi; avoir un comportement juste avec soi-même en développant
la maîtrise de son caractère, avoir un comportement juste avec le monde
(vivre en harmonie avec les autres, aller vers un but raisonnable(avoir des
aspirations positives mais non incontrôlées et superflues), respecter
l'étiquette( sans laquelle il n'y a aucune discipline de soi-même, agir sans
violence inutile (privilégier d'autres sorties de situations
conflictuelles).
Le
terme Hitotsu n'a pas une traduction directe et concise en français, et
signifie « le plus important », « la chose fondamentale ».
Hitotsu! - Jinkaku kansei ni tsutomuru koto
1. Recherche la
perfection du caractère
Le but ultime
du karaté do. Le premier précepte ne donne pas la priorité à la force, la
vitesse, le niveau technique ou l'aptitude au combat, mais au
perfectionnement du caractère de l'élève. C'est ce sur quoi insistait
Maître Funakoshi Gichin dans ses écrits; il raconte une histoire dans
laquelle il avait agit en tant que médiateur entre deux villages opposés. En
demeurant calme et en agissant de manière contrôlée et rationnelle,
Funakoshi proposa un compromis acceptable par les deux parties et la
violence avait ainsi pu être évitée. Il considéra ceci comme une preuve que
l'entraînement de karaté avait amélioré son caractère et l'avait rendu
capable de trouver une solution pacifique. L'enseignement du karaté traditionnel vise à
former le caractère de l'athlète et le respect de l'adversaire. Détermination,
sincérité, effort, éthique sportive et contrôle de soi sont des valeurs importantes
au
dojo. Bref, un karatéka doit s'efforcer de rechercher le développement autant
sur le plan philosophique que celui de la performance.
Pour Funakoshi, au-delà d'un simple exercice combinant le physique et
le mental, le karate-dō est un mode de vie qui forge un tempérament capable
de faire face à n'importe laquelle adversité de la vie courante. Les quatre
règles suivantes sont nécessaires pour l'accomplissement de ce premier
précepte.
Hitotsu! - Makoto no
michi o mamoru koto
2. Soit sincère
La Voie
doit être vraie, honnête, c'est à dire ne pas être une méthode de
complaisance. Il y a de nombreux enseignants qui réclament de hauts grades,
niveaux ... ceci sans aucune justification, pour des raisons commerciales ou
pour flatter leur ego. Ceux qui
ne démontrent pas de loyauté dans la recherche de la voire du karaté deviennent les victimes de
leurs illusions.
Soyez humble et fidèle à
votre art martial, votre instructeur, vos seniors, vos partenaires
d'entraînement, et tout ceux qui sont venus avant vous. Mais il est
également nécessaire d'être fidèle à soi-même, sa famille, sa communauté, sa
foi, son pays, et la planète. En étant
honnête avec soi-même et les autres, vous
agirez toujours avec la réponse appropriée à toute situation donnée.
Hitotsu! - Doryoku no
seishin o yashinau koto
3. Fait des efforts dans
tout ce que tu entreprends
Traditionnellement, les arts martiaux n'ont jamais été enseigné ou pratiqué
simplement comme divertissement, ainsi la patience est nécessaire si
l'étudiant veut éventuellement apprendre tous les aspects du karaté.
Exécuter les mouvements ne suffira pas,
vous devez avoir une compréhension de ce que vous pratiquez quand vous le
pratiquez. Ceci exige une attention focalisée et l' engagement complet dans
l'effort. La répétition
des techniques de
base, n'est pas un blocage à l'apprentissage, comme certains
semblent le croire, mais il est aussi vrai qu'un tel entraînement n'est pas
toujours très amusant. Ceci demande un
effort soutenu et s'avère très difficile si vous désirez atteindre ce que
vous croyez être vos limites. Pour y arriver, vous devrez persévérer et
apprendre à développer votre patience. Un effort continu est la solution.
Soyez patient; vous ne pouvez pas tout avoir tout de suite. En intelligence
émotionnelle, on appelle ça retarder la satisfaction... Il s'agit donc
d'apprendre à bien se connaître et chercher à devenir un meilleur individu;
savoir faire et savoir être dans toutes les situations de la vie . Ce type
d'engagement total devrait également être appliqué lorsque vous vous occupez
de votre famille. ainsi que dans votre travail.
Hitotsu! - Reigi o
omonzuru koto
4. Respecte les autres
Respecter les autres
devrait être évident en soi. Il signifie simplement de pratiquer la
courtoisie et de respecter l'étiquette appropriée. Agit envers ton prochain
comme tu aimerais qu'on agisse envers toi. Vivez ensemble, améliorez vous
ensemble. Nous bénéficions tous de la coopération. Respectez les autres
dojos et les autres styles, un respect mutuel et une coopération est
avantageux pour tous.
Hitotsu! - Kekki no
yuu o imashimuru koto
5. Développe le contrôle
de soi
S'abstenir de tout comportement violent, contrôler ses émotions
est extrêmement important. Le meilleur combat sera toujours celui que l'on
fuit; il est préférable d'éviter une confrontation que risquer de blesser
gravement un autre être humain. Une action de légitime défense devrait
seulement être prise quand aucun autre recours n'est possible, quand il n'y
a aucune alternative.
Ceci semble
être une contradiction du karaté pour les profanes, mais ici nous avons l'essence de la
moralité des arts martiaux. La force doit être employé à des fin moralement
correctes, comme l' auto défense ou la protection d'un innocent. Dans ce
sens, les actions des moines de Shaolin en développant des méthodes de
combat pour protéger leur temple ou lutter contre les bandits étaient
moralement acceptables à cette époque.
Le dojo kun
montre le chemin vers les buts ultime de l'entraînement;le perfectionnement
du caractère, la sincérité, l'effort constant. le respect des autres
et la maîtrise
de soi. Finalement, la technique est secondaire, c'est l'esprit
individuel qui doit être éduqué et discipliné. En suivant sérieusement les
techniques inhérentes à ces principes simples en apparence, l'étudiant
peut commencer à faire des progrès dans la Voie du Karaté.
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