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HIROKAZU KANAZAWA
“Le
karate-dō est une philosophie, une attitude devant, et un regard sur la
vie et le monde…” Shomen Gichin Funakoshi (1868-1957)
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Katas Shotokan par Kanazawa
Shihan Kanazawa Hirokazu.
Sensei
Kanazawa naît à Iwate au Japon en 1931. Son oncle et son père ont des
experts de Jû-Jutsu.
Kanazawa est un des derniers étudiants directs de Gichin Funakoshi à
l'Université de Takushoku. Il
incarne, pour beaucoup de pratiquants et ce depuis longtemps, le karaté
Shotokan. Kanazawa découvre d'abord le Kendo, comme beaucoup d'enfants
japonais de l'époque. Puis il se tourne vers le Judo et la Boxe Anglaise.
Ses premiers contacts
avec le karaté se font par l'intermédiaire d'un camarade de classe qui lui
enseigne les rudiments du karaté d'Okinawa.
Plus tard, Kanazawa étudiera à l'université de Nippon Dai où il découvrira
un karaté fondé sur le combat rapproché. Ensuite, il entre à l'université
de Takushobu, célèbre pour son dojo Shôtôkan. C'est là qu'il devient le
disciple de
Nakayama, réformateur avec
Nishiyama
de la Japan Karate Association. Quelque temps après son entrée à
l'université Takushoku, Kanazawa est sollicité par
Nakayama
pour entrer dans les cours spéciaux de la J.K.A. afin de former
l'élite japonaise au Shôtôkan; des instructeurs combattants rompus aux
techniques de communication, à la pédagogie, aux langues étrangères et aux
techniques commerciales.
Il
a continué comme élève de maître Nakayama et fut le premier Champion du
Japon pendant deux années consécutives; 1957 en kumite, puis 1958
en kumite et kata. Il parvint à gagner la finale de 1957 avec une main
fracturée. L'année suivante, après quatre prolongations, les juges
désignèrent deux champions, Kanazawa et Mikami. Après sa victoire en 1957,
Kanazawa devient instructeur à plein temps de la J.K.A. Il poursuit sa
formation sous la direction de
Nakayama
et envisage déjà de diffuser son art à l'étranger. A partir de 1959, on le
retrouve dans les îles d'Hawaii et en Europe. Ses contacts avec le Japon
restent très fréquents et il devient rapidement un des plus grands
ambassadeurs du Shôtôkan à travers le monde.
Près
de vingt ans après ses débuts à l'étranger, en 1977, Kanazawa rompt
officiellement et fonde son propre mouvement qu'il nomme Shôtôkan Karaté
International Federation. En quittant la J.K.A., Kanazawa peut donner
libre cours à sa créativité et à son génie personnel. En tant que grand
maître du Shôtôkan, il n'a pas hésité à investir de nombreux domaines de
l'art martial et à pratiquer d'autres styles.
En plus de la maîtrise du
karaté, Kanazawa a acquis une expertise du maniement de divers armes
traditionnelles, il a également une connaissance très étendue du tai-chi,
l'ayant étudié pendant trente ans sous la supervision du professeur
chinois Wong. Dans la recherche de la perfection de la technique du
Karaté, il décide d'étudier le Tai-chi, ce qui semble complètement opposé
au karaté, mais cela l'aide à développer la relaxation musculaire. Le
Tai-chi lui permet d'exécuter les techniques de karaté de manière
efficace, c'est-à-dire; mettre sous tension les muscles seulement à la fin
de l'exécution de la technique. Interrogé sur les aspects fondamentaux de
son art, le maître dit encore : « Il ne faut jamais négliger la dimension
spirituelle. C'est elle qui vous permettra de pratiquer durant toute votre
vie un Karaté équilibré et vraiment adapté à vos besoins. Lorsque l'esprit
est juste, le reste vient tout naturellement. »
Cet homme réunit toutes
les qualités qu'un enseignant des arts martiaux doit avoir; humilité,
patience, courtoisie, sécurité, sympathie et rectitude.
Aujourd'hui 10ième Dan, Sensei Kanazawa est reconnu et respecté
mondialement, et continue à voyager dans le monde entier, apportant avec
lui des valeurs, et une expertise du karaté de haut niveau.
Il est actuellement considéré comme un
des grands enseignants vivants en ce moment au Japon.
Sensei Kanazawa est vraiment un de ceux qui méritent le titre de Shihan
(Maître).
Championnat de karaté du Japon 1957; une
anecdote racontée par Kanazawa...
Les
deux mois précédent le tournoi,je ne me suis pas entraîné avec mes amis
car ils seraient mes adversaires dans ce tournoi. Je me suis donc entraîné
seul, j'ai visité d'autres dojos, et parfois des dojos d'autres styles. Il
y avait beaucoup de dojos à Tokyo. Parfois je suis allé aux dojos
Universitaires, à un dojo de Shito-ryu, mais je suis surtout allé au dojo
de l'Université de Takushoku pour pratiquer le kumite avec les étudiants.
Puis quatre jours avant les championnats, je suis retourné à notre dojo.
Naturellement, j'ai participé à l'entraînement habituel, environ une heure
et demi, deux heures, et ensuite j'ait fait du combat avec sept des
étudiants. À la fin, je les ai remercié, mais un senior m'a demandé:
« Kanazawa ! Avez vous terminé ? » J'ai répondu, « oui » Il a
rétorqué; « Non, vous devez en faire plus ! » J'ai fait six combats
de plus. Mais lors du dernier, je me suis fracturé la main droite.
Par conséquent, la JKA m'a indiqué que je ne pourrais
pas participer. Deux jours plus tard ma mère est arrivée à Tokyo pour me
voir combattre dans le championnat. Je lui ai dit que je ne pouvais pas
combattre parce que j'avais fracturé ma main droite.
Elle a dit; « Ohhh, au karaté
vous utilisez seulement votre main droite ? »
J'ai répondu; « Non, non, on se
sert aussi de la main gauche et des deux jambes au karaté. »
« Pourquoi ne pouvez vous pas participer si vous avez
seulement cassé votre main droite ? »
« Parce que la JKA en a décidé ainsi »
Mais ma mère répondit; « Je ne
comprends toujours pas. Allez demander à la JKA pourquoi vous ne pouvez
pas participer. Vous avez toujours votre bras gauche et vos deux jambes.
Seulement une main est cassée. »
Je suis allé voir un de mes seniors de l' école
secondaire, qui était mon aîné en judo. Il m'a dit qu'il écrirait une
lettre à la JKA, et qu'il m'accompagnerait au tournoi, et prendrait la
responsabilité si quelque chose se produisait. Je suis allé voir Sensei
Nakayama et Sensei Tagaki (secrétaire général de la JKA) pour m'expliquer,
et ils m'ont donné la permission de participer.
Normalement, je ne prie jamais Dieu pour faire des
demandes. Cependant, cette fois-ci, j'ai prié Dieu de me laissé gagner
juste un combat pour que ma mère puisse me voir gagner une fois. J'ai
gagné mon premier combat, et j'ai pensé que cela suffisait. Mais j'ai
gagné le deuxième combat, et le troisième... Ma nièce est venue me voir et
m'a dit; « Correct, oncle, grand-mère dit que c'est assez. » Mais j'ai
répondu; « Non, je dois continuer maintenant parce que je gagne. Si on
gagne on ne peut pas arrêter. » Ainsi j'ai continué à combattre, mais
les mouvements de mes adversaires ont semblé se produire au ralenti. Je
pouvais voir tous les détails. J'ai utilisé des blocs de la main gauche,
et des contre attaque avec des coup de pied. J'ai gagné tous mes combats
avec des coup de pied.
Dans le match final j'ai rencontré Tsuyama, un champion
universitaire. Sa technique préférée était jodan-mawashi-geri, qu'il
effectuait sans feinte initiale. Je ne pensais pas être capable de le
bloquer uniquement avec ma main gauche. Par conséquent dès qu'il s'est
déplacé, j'ai entré dans son attaque pour le pousser avec mon épaule en
employant un kekomi contre sa jambe de support pour le faire chuter. Il a
été surpris et choqué parce que personne n'avait fait cela auparavant.
Alors j'ai pensé qu'il n'était plus aussi confiant maintenant, que j'avais
une chance. J'ai fait une combinaison de mae-geri suivi d'un
chudan-mawashi-geri pour marquer un ippon. J'ai pensé employer cette
technique une autre fois, mais pas exactement au même endroit. Ainsi cette
fois j'ai fait un mae-geri suivi d'un jodan-mawashi-geri pour marquer un
autre ippon, et gagner par nihon.
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