|

TORA NO MAKI
“Le
karate-dō est une philosophie, une attitude devant, et un regard sur la
vie et le monde…” Shomen Gichin Funakoshi (1868-1957)
Accueil
Le
dessin avec le tigre à l'intérieur du cercle est nommé le Tora
no maki, le "rouleau de tigre". Dans la tradition japonaise, le Tora
no maki est le document écrit officiel d'un art où d'un système, qui est
utilisé comme étant la source de référence pour cet art. Les Japonais
n'ont pas créés les livres reliés comme nous employons en occident. Au
lieu de cela, ils écrivaient leurs documents sur des longs rouleaux de
papier, tout comme le faisaient nos ancêtres il y a des centaines
d'années.
Le tigre a été peint par Hoan Kosugi, ami et étudiant
de Gichin Funakoshi, artiste japonais réputé et président du Tabata
Popular Club. Il a fait ce dessin au pinceau spécifiquement pour
illustrer la page couverture du livre de Funakoshi Karate-Dō Kyōhan,
publié en 1935. Le kanji en haut à droite, près de la queue, fait
partie de la signature de l'artiste. C'est le kanji
放pour Hô de Hoan.
Kosugi
est également celui qui a convaincu Funakoshi d'écrire un livre sur le
karaté, Ryukyu Kempo Tode en 1922. Puisque aucun livre sur le
karaté n'avait été écrit à ce moment là, Kosugi a dit à Funakoshi que son
livre serait le Tora No Maki du karate. L'influence de Kosugi a été
aussi importante que celle de Jigōrō Kano, le fondateur du Judō, afin de
persuader Funakoshi de demeurer au Japon pour transmettre ses
connaissances. Kosugi a illustré avec des schémas le premier livre de
Funakoshi, Ryukyu Kempo Tode. Mais Kosugi, même si il était alors
un étudiant de Funakoshi, avait eu une expérience très limitée du karaté,
et ses schémas simples ne pouvaient pas vraiment exprimer les qualités
physiques de l'art. Dans la version révisée du livre en 1925, Rentan
Goshin Tode-jutsu, Funakoshi a posé pour toutes les photographies, et
cela nous donne une image très claire de son art à ce moment-là que nous
pourrions qualifier de style Shorin-Ryu d' Okinawa. Voici une anecdote
racontée en 1930 par Kosugi; Lors de mon passage à Shanghaï, il y a
plusieurs années de cela, j'ai assisté avec trois de mes amis, à une
démonstration d' arts martiaux de Shaolin. Le temple de Shaolin était
l'endroit où Bodhidharma, le fondateur du Zen, a enseigné. Plus tard, il
est devenu célèbre plus pour sa contribution aux arts martiaux que pour le
Zen. On dit que la plupart des arts martiaux chinois proviennent de ce
temple de Shaolin. Il y a beaucoup de styles d'arts martiaux, y compris
ceux qui utilisent des lances, des bâtons, des épées et autres armes.
Cependant, les méthodes de poing sont vraiment les plus captivantes. Mes
amis, en voyant la démonstration des formes de Quan-fa, s'exclamèrent et
trouvèrent qu'elles étaient mystérieuses et intéressantes. Sur le chemin
du retour, nous nous sommes arrêtés à un restaurant pour le dîner. Me
sentant un peu ivre, je me suis alors levé pour dire; « je vais vous
montrer quelque chose » et je fis la démonstration d' un kata.
Mes amis, étonnés,
dirent « nous ne savions pas que vous aviez une si bonne mémoire ! » Bien
que mon exécution n'ait pas été très habile, ils m'ont félicité en disant
que le kata était semblable à celui dont ils avaient été témoin plus tôt.
À ce moment, je leur dit la vérité: « C'est le seul kata que j'ai jamais
appris de mon professeur de karaté de Ryukyu, Gichin Funakoshi. Ce kata
s'appelle Kushanku. »
 |
 |

|
|
Karate-Dō Kyōhan: Le Texte Maître |
|
Publié
en 1935, 302 pages |
|
Couverture en
papier et
livre |
Shōtō.
Shōtō
était le pseudonyme sous lequel Funakoshi écrivait des poèmes chinois dans
sa jeunesse. Ce mot, en japonais, signifie littéralement; vagues de
pins. Lorsque Funakoshi voulait être seul et se détendre, il allait
faire des promenades sur le Mont Torao.
Dans son livre “Karate-dō,
ma Voie, ma Vie” il nous explique
comment, dans sa jeunesse, il a choisi ce surnom : Shuri,
ma ville natale, est entourée de collines couvertes de pins et de
végétation subtropicale. Parmi elles se trouve le mont Torao, appartenant
au Baron Chosuke, l'un de mes premiers bienfaiteurs à Tōkyō. Le mot Torao
signifie “queue de tigre”. Il décrit fort bien cette montagne très étroite
et extrêmement boisée qui ressemble tout à fait à la queue d'un tigre.
J'avais l'habitude de gravir le mont Torao, parfois de nuit, quand la lune
était pleine ou sous le scintillement des étoiles. Il arrivait qu'il y
avait un peu de vent. On pouvait alors entendre le bruissement des pins et
sentir le mystère profond et impénétrable qui est à l'origine de toute
vie. Pour moi, ce murmure était comme une musique céleste”.
L'arbre
qui représente Okinawa est le Ryukyu Matsu, le pin de Ryukkyu, qui peut
atteindre une taille de 15 mètres. En vieillissant, la couronne de l'arbre
s' écarte pour former un ensemble de branches majestueux. Il est souvent
planté en bordure des routes, et est employé couramment dans les bonzais,
et comme coupe-vent.
Shoto désigne le mouvement des longues branches de cet
arbre lorsqu'il vente. Plusieurs de ces arbres centenaires ont
malheureusement été détruits par les bombardements américains lors de la
deuxième guerre mondiale.
Le tigre Shotokan. Dans la culture asiatique, le tigre
représente une des deux grandes forces de l'univers, l'autre étant le
dragon. Le tigre a le pouvoir de commander le vent, et le vent est son
compagnon constant. Le tigre est aussi un symbole chinois traditionnel qui
signifie que le tigre ne dort jamais. Présenté par le Bouddhisme, le tigre
représente la force, la noblesse, et le courage.
Le Tora No Maki, ou
le tigre Shotokan, est devenu le symbole du karaté Shotokan tel que
pratiqué en dehors de de la JKA. Cependant, les clubs de karaté membres de
la Japan Karate Association préfèrent employer l' Inyo
(à gauche)
comme symbole, et parfois le
tigre à l'intérieur de l'Inyo. Le tigre Shotokan est généralement employé
comme symbole par les clubs de karaté de style Shotokai créé par Egami, ou
des clubs appartenant au Shotokan Karate of America créé par Tsutomu
Oshima, un des dernier étudiants de Funakoshi. Ohshima est bien connu pour
suivre les directives de Karate-Dō Kyōhan à la lettre, comme si
c'était la "bible" Shōtōkan, et il utilise le symbole de la couverture du
livre Karate-Dō Kyōhan pour le logo de la SKA. C'est d'ailleurs lui
qui a traduit ce livre en anglais. Lors du
All-Japan Sandan Promotional en 1952, Maître Funakoshi a personnellement
attribué à Ohshima son grade Sandan
(ceinture noire de troisième
niveau), tout en
l'honorant du plus haut pointage des participants présents. En outre en
1952 il est devenu le capitaine du club de karaté de l'Université de
Waseda. En 1957 , Ohshima a également reçu son grade Godan
(ceinture noire de cinquième
niveau) par Maître
Funakoshi, le rang le plus élevé attribué par Funakoshi, et encore
actuellement le plus haut niveau réalisable au sein de la SKA.
Okinawa.
L'élément que
l'on retrouve cependant dans plusieurs logos Shotokan est le double
cercle. Voici à gauche le logo qui est, depuis 1992, le symbole
préfectoral d'OKinawa.
Le cercle externe représente l'océan,le cercle blanc
symbolise un Okinawa pacifique et le cercle intérieur symbolise un Okinawa
se développant globalement. En bref; océan, paix et développement.
Notre club .
Notre club utilise aussi
le Tora No Maki dans son logo. Il a été conçu par Georges-André Bernatchez,
propriétaire et professeur du club. Un amalgame de l'Inyo et du tigre ; il
est entouré d'un cercle ouvert qui indique que nous avons une ouverture
d'esprit, que nous ne sommes pas "fermés" aux autres styles de karaté,
ainsi que les autres arts martiaux.On y retrouve aussi un
homme et un femme car le karaté est une discipline qui est ouverte à tous.
Notre club compte autant de femmes que d'hommes de tous les âges.
|